Dimanche magazine Le privé dans la santé : une médecine à deux vitesses?

Dimanche magazine Le privé dans la santé : une médecine à deux vitesses?

Les délais d’attente mettent la patience des Canadiens à rude épreuve. Lassés d’attendre et de souffrir, des milliers de personnes décident donc de se faire soigner dans une clinique privée. Chirurgies orthopédiques, opérations de la cataracte, tests de dépistage sont de plus en plus assurés par le secteur privé. Par ailleurs, des médecins choisissent de quitter le régime public et ouvrent des cliniques privées. Ce phénomène existe aussi au Québec où la part du privé dans la santé ne cesse d’augmenter. De 1989 à 1998, cette proportion est ainsi passée de 25 % à 30 %. Le 9 juin 2005, avec l’arrêt Chaoulli, la Cour suprême du Canada rend un jugement qui permet aux Québécois de souscrire une assurance privée afin de payer pour des soins offerts par le secteur privé. Auparavant, la Loi de l’assurance maladie interdisait le recours à des assurances privées. Les juges ont appuyé leur décision sur la Charte québécoise des droits et libertés. Les longues listes d’attente dans le système public, en augmentant les risques de mortalité, briment selon eux le droit à l’intégrité de la personne, un droit fondamental reconnu par la charte. Selon certains experts, le fait d’autoriser de telles assurances au pays risque de porter atteinte au principe de l’égalité des soins. Une fois la porte ouverte aux assureurs privés, les soins pourraient devenir des services commerciaux soumis aux aléas du marché. Reportage du 14 mai 2000.

  • 2000
  • 00:17:23
  • 13-14
  • Ajouté le: 8 juil. 2020
Les abonnés de Curio.ca peuvent accéder aux contenus à l'extérieur de leur institution. Vous devez récupérer votre code d'accès et créer un compte utilisateur.